10 livres qui racontent l’Inde

Les livres accompagnent toujours dans mon esprit le voyage. Et cela non pas seulement comme un guide touristique aux cartes utiles et plans de villes détaillés, mais aussi comme une source d’inspiration avant même qu’on bouge de son canapé. J’ai donc décidé de partager avec vous mon autre passion: la lecture. Pour cette première : les ouvrages qui racontent mon destination préférée, je les regroupe dans un top 10 très personnel.

Rudyard Kipling: Le Livre de la Jungle

Le grand classique et favori depuis ma plus tendre enfance, ce recueil de nouvelles fantastiques du monde animalier est encore aujourd’hui l’une de mes lectures préférées. Illustré au non, à déguster en solo où à partager, c’est l’Inde rêvée qui se dévoile à travers des allégories et fables au lecteur avec ses poilues singeries, sa chasse au tigre boiteux mais féroce ou bien ses troupeaux de majestueux éléphants. Depuis 1894, la Loi de la Jungle fascine les lecteurs petits et grands et avec un peu d’imagination, l’histoire de Mowgli reprend vie dans les forêts de Madhya Pradesh peuplé des animaux fabuleux imaginés pas cet Anglais né en Inde.

– Vous pouvez jeter un coup d’œil sur le livre Simples contes des collines de la plume de cet lauréat du Prix Nobel 1907 aussi.

Pierre Loti: L’Inde sans les Anglais

Un autre grand classique. Français, cette fois-ci! Il ne peut manquer dans ma liste et y prend, malgré ses cent années d’âge, la deuxième place. Ce travelogue de la belle-époque dépeint l’Inde dans toute la splendeur mettant l’accent à ses saisissants contrastes. Je me trompe peut-être, mais je pense, qu’on retrouve ce livre sur toutes les étagères des passionnés de l’Inde. D’une facture franco-française, on plonge dans un style coloré et presque noble de Loti épris du pays qu’il découvre. Composée d’un mélange d’impressions et de récits tantôt façonnés comme l’esquisse tantôt comme une analyse topographique, l’ouvre tache à reconstruire une idée de ce vaste pays dans votre petit T3 mal chauffé.

– Si on juge l’écriture de ce livre un peu désuète ou lourde, on peut s’essayer à l’Inde Buissonnière de Claudine Canetti plus parisienne et plus 68arde.

Alexandra David Néel: L’Inde où j’ai vécu

Voici un autre livre de la plume française. En héroïne des romans d’action, ma chère Alexandra se lance dans un voyage à travers les Indes: de Ceylan jusqu’au Himalaya. Et c’est en véritable pionnière qu’elle y fait des découvertes nouvelles et nous fait le compte de ses aventures insolites. Avec légèreté surprenante et sans prétention, elle nous fait pas seulement voir l’Inde mais nous la fait vivre. Cette amoureuse des choses singulières et expériences curieuses livre à presque 100 ans d’âge dans son recueil les analyses et ses réminiscences de ce grand pays.

– Vous pouvez également apprécier ses journaux et sa correspondance.

Ahmad Ali: Crépuscule à Delhi

Le roman de Ahmad Ali est une petite fresque historique qui nous rapproche d’un monde disparu des grandes familles musulmanes de Delhi à l’époque de la grande transformation sociétale. Pour le sujet : destin d’un jeune homme à l’heure des dernières lueurs du monde qui se désintègre. Peu avant que Delhi ne devienne la capitale des Indes Britanniques, l’Orient laisse la place à son conquérant européen. Hautement apprécié des écrivains comme E.M. Forster ou Virginia Woolf ce roman est un pur délice à déguster sans modération.

– Sur l’histoire de Delhi il y a aussi Delhi:Un Roman de Khushwanth Singh

Edward Morgan Forster: La Route des Inde

Et voici justement Forster avec son roman La Route des Inde parût en 1924 considéré comme le chef d’œuvre de la littérature anglaise du XXe siècle. À la fois social et psychologique, ce récit retrace une escapade très british dans le Raj peu après la Grande Guerre. Dans une province indienne sans importance aucune sauf celle que lui donnent ses maîtres Anglais, les amours succèdent aux désamours et les charpoys recouverts de poussière suivent les chesterfields du club. C’est un livre délicieux qui nous fait goûter à l’Inde à l’heure du tea time. Britannique mais émerveillé jusqu’à la dernière page.

– Je vous suggère d’aussi voir son adaptation cinéma par David Lean; bien évidemment après la lecture du roman.

Bulbul Sharma: La colère des Aubergines

L’envers du décors, voici la plus simple des réalités indiennes, celle des hommes lambda et de leurs femmes surtout. Bulbul Sharma offre dans ses livres ( hormis les recettes délicieuses un monde 100% hindi ) la mosaïque douce-amère, aussi drolatique qu’épouvantable qui met en scène le quotidien de femmes dans l’Inde du dieu-mâle. C’est avec une farandole de petites histoires savamment disposées comme des plats sur une table que le ridicule y frôle inadmissible – tout comme dans la vie. Sans prétention aucune et presque dépourvu de toute aspiration “belles-lettres”, les contes d’aujourd’hui de son petit recueil sont savoureux: tantôt doux comme un gulab jamun tantôt piquant et amère comme un curry d’aubergines.

– Son autre recueil de petites histoires La Mangue Amère se digère bien aussi.

Gurcharan Das: Le Réveil de l’Inde

Considéré comme la voix de l’Inde moderne et libérale, Das se penche sur l’histoire économique de son pays. Si nous sommes d’accord avec ses aspirations où non, ce pays géant se met à se mouvoir en direction de la réussite économique. De la Partition à nos jours, les bienfaits et méfait de ses dirigeants en matière de stratégie politique et application économique sont commentés par un tête à l’esprit aiguisé. Indien jusqu’au bout des ongles, cet auteur l’esquisse l’Inde de gros traits de son pinceau de libéral classique. Un regard nouveau est à découvrir sur les pages de son étude de l’état de l’Inde, de ses causes et de ses futurs.

– Pour un regard occidental, lire aussi l’ouvrage de Patrick French: India a Portrait (en VO seulement)

Wiliam Dalrymple: L’Âge de Kali

C’est avec ce livre là, que j’ai découvert la passion de cet auteur écossais pour tout ce qui touche à l’Inde. Et croyez moi, Mr. Dalrymple est un expert en matière. Son écriture savante mêlant la géopolitique aux légendes et histoires locales est d’une fraîcheur que l’on trouve qu’outre-manche malheureusement. Ce recueil de récits à l’approche journalistique dévoile aux curieux un pays qui ne cache pas ses problèmes et qui aspire à un futur radieux, comme tout autre pays du monde. Démystificateur malgré lui, il préserve pourtant son regard exalté qu’il porte sur l’Inde, cette terre qui restera pour toujours et malgré tout un pays légendaire.

La Cité des Djinns, Le Moghol Blanc ainsi que Le Dernier Moghol sont des livres à inclure de toute urgence dans votre liste de lecture.

Anurdhati Roy: Dieu des Petits Riens

Un bestseller mondial et le Prix Booker de 1997 dévoile devant nous le monde flottant sur les backwaters du Kerala. C’est à Kottayam, ville de sa naissance, que l’auteur situe ce roman sur l’enfance et sur le devenir : une histoire familiale, chrétienne et communiste qui puis est. La splendeur décrépie d’une vielle famille syriaque sombre dans la boue des méandres brumeux à l’époque où l’Inde sort de la misère des années Construction de la Nation. Son style est aussi libre que gris et l’onirique y touche au désenchantement. Le cauchemar n’est jamais loin et le salut non-plus. C’est une autre Inde que l’on peut expérimenter sur les pages de ce chef-d’œuvre de la littérature contemporaine.

– Je pense aussi à la grande Anita Desai et son roman Feu sur la Montagne de 1986, qui aborde le sujet de l’enfance sur les contreforts de l’Himalaya.

Khushwanth Singh: Train pour le Pakistan

Une autre plongé dans l’histoire indienne. Cette fois-ci nous sommes à l’autre bout du pays dans le Pandjab à l’heure qui sonne la Partition. Le fier pays des Sikhs va se retrouvé coupé en deux par une frontière infranchissable et la vie des héros de Singh tout autant. La naissance de deux pays et deux nations glorieux laisse goût amère quand on découvre la catastrophe sur laquelle on dessine leur contours. La lecture de ce roman est une expérience mémorable qui plonge tout mordu de l’Inde dans ses réalités sans ornements et sans parfums délicieux. Pourtant un élan optimiste se dégage de son héros simple et un simplet qui ne voulait pas en être un.

– Une autre lecture – bengalie pour changer – à découvrir en anglais: Bhabani Bhattacharya: He who rides a Tiger (Celui qui chevauche un tigre).

Bonne lecture!

Michal

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